Douche à l'italienne : l'étanchéité pas à pas
Une douche à l'italienne bien faite dure des décennies. Mal faite, elle finit en infiltration dans le mur ou le plafond du dessous. Tout se joue sous le carrelage, et les membranes en gel comme le SafetyGel de Litokol ont simplifié cette étape.

L’eau trouve toujours le moindre passage. Dans une douche sans receveur, le sol et le bas des murs sont mouillés tous les jours : il faut donc une protection continue sous le carrelage. Nous prenons ici l’exemple de SafetyGel, une membrane en gel de Litokol prête à l’emploi. Les temps et quantités de la membrane viennent de sa fiche technique (version de septembre 2026) : reportez-vous toujours à la dernière version.
Créer la pente vers l’évacuation
Le sol doit descendre vers le siphon ou le caniveau. Litokol indique qu’une pente de 1 à 1,5 %, soit 1 à 1,5 cm par mètre, suffit en général. Vérifiez aussi que l’évacuation est bien dimensionnée.
Choisissez cette évacuation dès le départ, car elle décide de la forme du sol. Un siphon central demande une pente sur quatre côtés, donc des coupes en diagonale. Un caniveau le long d’un mur ou au seuil permet une pente dans un seul sens, ce qui convient bien aux grands formats. Vous trouverez les caniveaux et siphons ACO dans nos produits techniques.
Préparer le support
Le gel ne vaut que ce que vaut le support. Celui-ci doit être solide, propre, sans parties friables ni graisse, et surtout sec : pas d’application sur un support humide (plus de 3 % d’humidité relative) ou sujet aux remontées d’humidité.
- Chape ciment : au moins 28 jours de séchage.
- Enduit à base de ciment : au moins une semaine par centimètre d’épaisseur.
- Support poreux (chape, ragréage) : une couche d’apprêt, du SafetyGel dilué à 10-20 % d’eau, puis 30 minutes d’attente.
- Ancien carrelage : un nettoyage avec X-Cleaner Scrub.
- Fissures : à reboucher avant de commencer, avec CrackRepair.
La température de l’air et du support doit rester au-dessus de 5 °C pendant la pose et les 72 heures qui suivent. Les panneaux à carreler, utiles pour un muret ou une niche, font partie des supports admis.

Appliquer SafetyGel en deux couches
C’est ici que le gel change la méthode. Il n’y a ni bande de renfort dans les angles, ni treillis à noyer : le produit reste élastique et forme une membrane continue, sans raccords.
- Les points critiques d’abord. Au pinceau, traitez soigneusement les angles, les arêtes, les jonctions mur-sol et mur-mur et les microfissures. C’est l’étape qui demande le plus d’attention.
- La première couche. Au rouleau à poils longs, au pinceau ou à la spatule lisse, couvrez toute la surface sur environ 0,5 mm, en repassant sur les angles déjà traités. La membrane couvre le sol et remonte sur les murs, au moins jusqu’à la hauteur de la pomme de douche.
- Le séchage. Attendez que tout soit violet foncé : environ 2 heures à 23 °C, jusqu’à 6 heures à 10 °C.
- La deuxième couche. Même épaisseur, sur toute la surface, pour atteindre 0,8 à 1 mm au total. Ne dépassez pas 1 mm par couche.
Côté quantité, comptez environ 1 kg/m² en deux couches sur le béton, le plâtre ou l’ancien carrelage. Sur une chape ciment, la fiche prévoit 1,4 kg/m² en trois couches. Les outils se lavent à l’eau tant que le produit est frais. Le seau entamé se referme et se réutilise.
Raccorder les tuyaux et l’évacuation
Les angles se passent de bande, mais les éléments qui traversent la membrane (évacuation, sorties d’eau) restent à raccorder. Là non plus, pas de manchette : on utilise le mastic Pixel 3D de Litokol, disponible à notre comptoir. C’est un mastic à élasticité permanente, conçu pour les pièces très humides, qui s’applique sans primaire d’adhérence.
- La rainure. Réalisez une rainure de 3 à 4 mm de large autour de l’élément qui traverse.
- Le nettoyage. Nettoyez bien les surfaces, celle de l’élément comme celle du SafetyGel.
- Le cordon. Coupez la buse selon la largeur voulue, puis appliquez un cordon continu au pistolet, sans emprisonner d’air, entre l’élément et la membrane.
- Le lissage. Lissez dans le quart d’heure, avant que la peau ne se forme.
Le mastic durcit d’environ 2 à 3 mm en 24 heures, à +23 °C : laissez-lui ce temps avant de carreler autour du raccord. Aérez bien la pièce, car il dégage un peu d’acide acétique en séchant. Sa fiche technique le déconseille au contact du marbre et des pierres naturelles.
Carreler sans attendre
Sur la membrane, la pose peut commencer 2 heures après la dernière couche, dans les conditions standard, une fois le raccord au mastic durci. SafetyGel ne doit jamais rester apparent : il est fait pour être recouvert de carrelage, de pierre ou de mosaïque.
Litokol associe la membrane à ses colles en gel, comme PowerGel S1+. Étalez d’abord une fine couche avec le côté lisse de la spatule, puis peignez avec le côté denté. Prévoyez un double encollage quand le support peut bouger. Gardez des joints d’au moins 2 mm, puis finissez avec un joint adapté aux pièces humides, comme le Starlike conseillé par la fiche.
Au sol de la douche, choisissez un carreau antidérapant. Et une fois la membrane faite, ne percez plus rien sans y réfléchir : une vis mal placée peut suffire à créer une entrée d’eau.
Questions fréquentes
Faut-il des bandes d'angle avec SafetyGel ?
Non. Selon la fiche technique Litokol, SafetyGel ne demande ni treillis, ni bande, ni ruban dans les angles et les arêtes : on les traite au pinceau avant de passer la première couche. Seuls les joints et arêtes ouverts demandent un renfort, avec SafetyTex Anti-Fracture 20.
Peut-on l'appliquer sur un ancien carrelage ?
Oui, s'il est bien adhérent et sain. Il doit d'abord être nettoyé avec le détergent prévu, X-Cleaner Scrub. C'est un vrai avantage en rénovation : la membrane reste très fine, autour de 1 mm, et on évite souvent de démolir.
Peut-on faire une douche à l'italienne à l'étage ?
Oui, à condition d'avoir la hauteur nécessaire pour la pente et l'évacuation. Selon le plancher, un siphon extra-plat ou un caniveau peut régler la question. Le mieux est de vérifier sur place, avant de commencer.


